- 1. Le rôle exact de l'introduction dans un mémoire
- 2. Quand faut-il rédiger l'introduction ?
- 3. Quelle longueur pour une introduction de mémoire ?
- 4. Les 7 étapes d'une introduction réussie
- 5. Exemples d'accroches par discipline
- 6. Comment formuler l'annonce du plan
- 7. L'introduction d'une thèse de médecine
- 8. Les 6 erreurs qui plombent une introduction
- 9. Exemple d'introduction complète annotée
L'introduction d'un mémoire est la partie la plus stratégique de tout votre travail — et paradoxalement, celle que les étudiants rédigent en dernier et souvent à la va-vite, épuisés par des semaines de rédaction intensive. C'est une erreur grave. Le jury lit votre introduction en premier, en quelques minutes, avant même d'ouvrir votre mémoire au hasard pour juger la qualité du fond. Si l'introduction ne convainc pas, le jury aborde le reste avec un a priori négatif difficile à inverser.
Ce guide vous explique comment construire une introduction de mémoire qui captive, qui structure et qui convainc — en 7 étapes précises, avec des exemples réels et les formulations les plus efficaces.
1. Le rôle exact de l'introduction dans un mémoire
L'introduction remplit quatre fonctions précises et distinctes. Si l'une d'elles manque, votre introduction est incomplète — quel que soit son style ou sa qualité rédactionnelle.
Attirer l'attention du jury dès la première ligne. L'introduction doit donner envie de lire la suite — pas simplement informer.
Situer le sujet dans son contexte — historique, économique, social, juridique ou scientifique — pour montrer sa pertinence actuelle.
Poser la problématique — la question centrale à laquelle votre mémoire va répondre. C'est le pivot de toute l'introduction.
Annoncer le plan — dire au jury comment vous allez répondre à la problématique et dans quel ordre vous allez développer votre argumentation.
L'introduction ne développe pas d'argument, ne présente pas de résultats et ne tire pas de conclusion. Elle prépare le terrain. Tout ce qui dépasse ces quatre fonctions appartient au corps du mémoire — pas à l'introduction.
2. Quand faut-il rédiger l'introduction ?
La réponse surprend souvent les étudiants : l'introduction se rédige en dernier — après avoir terminé l'intégralité du corps du mémoire et la conclusion.
Pourquoi ? Parce que l'introduction doit annoncer ce que vous avez réellement produit — pas ce que vous aviez prévu de produire. La problématique finale, les hypothèses, l'annonce du plan ne peuvent être formulées définitivement qu'une fois que vous savez exactement ce que contient votre mémoire.
Rédigez une introduction provisoire au début — 10-15 lignes qui posent le sujet et la problématique — pour vous guider pendant la rédaction. Puis écrivez l'introduction définitive après la conclusion, quand vous avez une vision complète de votre travail. Les deux versions seront très différentes.
3. Quelle longueur pour une introduction de mémoire ?
L'introduction représente généralement 5 à 10% du volume total du mémoire. Voici les repères selon le niveau :
4. Les 7 étapes d'une introduction réussie
Toute introduction académique efficace suit une progression logique en entonnoir — du général au particulier, du contexte à la question précise, de la question au plan de réponse. Voici les 7 éléments qui composent cette progression :
C'est la phrase ou le paragraphe qui capte immédiatement l'attention. Elle doit être surprenante, concrète ou intrigante. Il existe 4 types d'accroches efficaces en contexte académique : le chiffre frappant, la citation d'autorité, le paradoxe ou contradiction, et le fait d'actualité récent. À éviter : les accroches génériques ("De nos jours", "Dans notre société moderne") qui n'apportent aucune valeur.
Situez votre sujet dans son contexte. Quelle est l'actualité économique, sociale, juridique ou scientifique qui rend ce sujet pertinent en 2025 ? Cette partie répond à la question implicite du jury : "Pourquoi ce sujet, pourquoi maintenant ?" Elle dure généralement 1 à 2 paragraphes.
Définissez académiquement les 2 à 3 termes centraux de votre sujet. Cette étape est souvent négligée, mais elle est essentielle : elle montre que vous maîtrisez le vocabulaire de votre discipline et elle délimite votre périmètre d'analyse. Chaque définition doit s'appuyer sur au moins un auteur ou une institution de référence.
Pourquoi avez-vous choisi ce sujet précis ? Intérêt personnel, contexte professionnel (pour les alternants), manque dans la littérature existante, actualité d'une problématique. Cette partie humanise votre travail et rassure le jury sur votre engagement dans le sujet.
Précisez ce que votre mémoire couvre ET ce qu'il ne couvre pas — avec les raisons. Délimitez le périmètre géographique (France, Europe, secteur...), temporel (de quelle période) et thématique (quels aspects du sujet). Un sujet bien délimité est signe de rigueur, pas de faiblesse.
C'est l'aboutissement logique de tout ce qui précède. La problématique doit découler naturellement du contexte et de la délimitation — le lecteur doit avoir l'impression qu'elle s'imposait d'elle-même. Elle est formulée en une à deux phrases sous forme de question. Voir notre guide complet sur la problématique →
La dernière partie de l'introduction annonce la structure du mémoire. Elle doit être rédigée avec élégance, sans être mécanique. Elle prépare le jury à la lecture et lui montre que votre plan répond logiquement à votre problématique. Voir la section 6 pour des formulations précises.
5. Exemples d'accroches par discipline
L'accroche doit être adaptée à la discipline et au type de mémoire. Voici des exemples concrets illustrant les 4 types d'accroches efficaces :
6. Comment formuler l'annonce du plan
L'annonce du plan est la dernière partie de l'introduction. Elle doit être formulée avec élégance — ni trop mécanique, ni trop vague. Voici les formulations les plus efficaces selon les structures de mémoire :
"Dans ce mémoire, je vais d'abord parler de..." → trop informel et vague. "Le plan de ce mémoire est le suivant..." → mécanique. "Voici comment je vais répondre à ma question..." → niveau lycée. L'annonce du plan doit utiliser un vocabulaire académique soutenu et montrer la logique de votre démarche.
7. L'introduction d'une thèse de médecine
L'introduction d'une thèse de médecine obéit à des règles spécifiques, différentes d'une introduction de mémoire de gestion ou de droit. Dans le cadre de la structure IMRAD (Introduction, Matériel et Méthodes, Résultats, Discussion), l'introduction médicale a une fonction bien définie :
L'introduction d'une thèse médicale ne contient pas d'accroche narrative — elle commence directement par l'état des connaissances. Elle est plus courte qu'une introduction de mémoire en SHS (3 à 6 pages). Elle se termine toujours par la phrase "L'objectif principal de cette étude était de [VERBE À L'IMPARFAIT]..."
8. Les 6 erreurs qui plombent une introduction
À éviter : "De nos jours, dans notre société en pleine mutation, le management des ressources humaines est devenu un enjeu majeur pour les entreprises." → Cette phrase pourrait introduire n'importe quel mémoire de gestion depuis 30 ans. Elle ne dit rien. Remplacez-la par un chiffre, une citation ou un paradoxe spécifique à votre sujet.
Une introduction de Master 2 qui tient en une page signale que le candidat n'a pas compris les exigences du niveau. Le jury interprète ça comme un manque de rigueur ou une incapacité à contextualiser. Respectez les volumes recommandés — 6 à 8 pages pour un Master 2 standard.
L'introduction ne doit pas révéler vos conclusions. Si vous écrivez "Cette étude montre que..." ou "Nous avons constaté que..." dans l'introduction, vous brûlez la surprise et perdez le fil de votre démonstration. L'introduction pose la question — la conclusion apporte la réponse.
C'est l'erreur la plus grave. Certains étudiants contextual isent longuement sans jamais formuler de question de recherche précise. D'autres formulent une question trop vague ("Quel est l'impact du management ?") ou une affirmation déguisée en question. La problématique doit être une vraie question, précise et originale. Voir notre guide complet →
"Dans la première partie, je vais parler de X. Dans la deuxième partie, je vais parler de Y." — cette formulation est acceptable au lycée. En Master, elle traduit un manque de maîtrise du registre académique. Utilisez les formulations proposées dans la section 6.
Certains étudiants rédigent une introduction qui ressemble à un résumé de ce qu'ils vont faire — avec les sections, les auteurs cités, les résultats esquissés. L'introduction n'est pas un résumé. C'est une mise en scène du sujet qui donne envie de lire et prépare le cadre intellectuel de la recherche.
9. Exemple d'introduction complète annotée
Voici un exemple d'introduction pour un mémoire de Master 2 RH sur le télétravail, avec chaque étape identifiée et annotée :
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